Rencontrez Katie Duhamel

Katie avec des étudiantes à la compétition internationale de trauma de 2017

Toi qui occupes plusieurs fonctions (pompière, paramédic, enseignante, instructrice), peux-tu nous résumer ton parcours professionnel? 

Instructrice, je le suis depuis longtemps. J’ai commencé en donnant des cours de natation, de plongée sous-marine, de réanimation et de premiers soins. Jeune adulte, j’avais besoin d’aider les autres et j’ai découvert qu’en enseignant, je pouvais aider à sauver encore plus de vies!

C’est le service d’incendie de la municipalité de Saint-Liboire qui m’a permis de devenir pompière après la crise du verglas de 1998. J’y ai appris le travail d’équipe et la franche camaraderie. Je garde un souvenir impérissable de mes premiers appels aux côtés de mes confrères. Par la suite, avec la collaboration d’un groupe de citoyens, nous avons mis sur pied le Service de premiers répondants de Saint-Liboire. Maintenant rattaché au service incendie, il a longtemps compté sur des activités de levée de fond et la participation citoyenne.

En 2006, je décide de faire le grand saut vers la profession de technicien ambulancier paramédic. Diplôme en poche, je me suis installée à Mont-Joli, aux limites du Bas St-Laurent et de la Gaspésie. J’y ai exercé en alternance, une semaine sur deux, le métier de pompier et de paramédic, tout en continuant de donner des formations de secourisme au grand public ou de la formation premier répondant avec l’Institut de prévention des incendies du Québec.

En 2014, une nouvelle opportunité se présente. Enseignante au Cégep de Rivière-du-Loup en Soins préhospitaliers d’urgence. L’expérience acquise au fil du temps me permet d’être en plein centre de ce qui m’anime, enseigner là où se rejoignent le travail des pompiers et celui des paramédics, en interopérabilité, lors de situations d’exception, d’actes antisociaux et de situations particulières. Le tout en restant bien connectée au terrain, soit avec les pompiers du service incendie de Rivière-du-Loup, soit avec l’ambulance à Mont-Joli. J’enseigne, entre autres, aux futurs paramédics les principes de bases d’un accès sécuritaire lorsqu’une victime est coincée, et aux pompiers, les premiers soins qui sauvent des vies!

 

Qu’est-ce qui t’a motivée à travailler dans le domaine des soins d’urgence et préhospitaliers?

C’est le plus beau métier du monde. Lorsqu’on pense au privilège qu’il nous est permis de vivre en étant 100 % présente dans les derniers moments de vie d’une personne, ça nous remet les idées en place. Écouter, accueillir attentivement et humainement des personnes en détresse. Aider les gens dans un des pires moments de leur vie, faire un plus dans la vie des autres, c’est en partie ce qui me motive.

Travailler en équipe, faire le plus avec le moins, travailler sous pression, dans des contextes difficiles, c’est également ce qui me motive à travailler dans ce domaine.

 

Tu formes aujourd’hui les futurs ambulanciers, remarques-tu de gros changements dans la profession depuis tes débuts?

Depuis mes débuts, il y a eu effectivement plusieurs changements dans la profession. Le domaine préhospitalier, est encore très jeune. Et il grandit à une vitesse impressionnante. En effet, il y a quelques années à peine, être ambulancier c’était être un conducteur d’ambulance avec un cours de premiers soins. Il fallait être fort et débrouillard et ne pas avoir froid aux yeux. Peu de femmes exerçaient ce métier. Aujourd’hui, il y a beaucoup plus de jeunes femmes dans les classes que de jeunes hommes. Il faut étudier sérieusement pendant trois années au collégial afin de pouvoir s’inscrire à  l’épreuve nationale à la fin du parcours. Nous administrons plusieurs médicaments dans différentes circonstances, nous utilisons des appareils pour nous soutenir lors de l’appréciation clinique et nous sommes en mesure de pratiquer des soins de stabilisation en nous rendant au centre hospitalier le plus approprié à la condition du patient. Nous sommes vraiment loin du « load and go » des années 1980-1990!

Peux-tu nous parler des difficultés d’accès aux soins dans les régions?

Le plus grand défi de l’accès aux soins dans les régions et à mon avis les distances à parcourir pour répondre aux besoins de la population. Le centre tertiaire le plus près état à Québec, nous travaillons en équipe avec les centres secondaires afin d’offrir les meilleurs soins possibles à nos patients. En rêves, j’imagine des paramédics de soins avancés et de soins communautaires. Ils seraient présents pour soutenir les besoins des clientèles vieillissantes dans les municipalités, la plupart frappées par le déclin de la population.

 

Quelle spécialité enseignes-tu lors des formations ITLS?

L’accès et le dégagement des patients à la suite d'une évaluation des risques et une stabilisation des dangers présents sur une scène. Cette spécialité permettra à tous de mieux comprendre les conditions auxquelles une victime peut être soumise ainsi que d’expérimenter différents moyens de parvenir à la dégager de sa mauvaise posture.

 

Pourquoi penses-tu que la formation ITLS est un bon complément dans l’enseignement des soins préhospitaliers?

Parce qu’elle fonde son enseignement avec les meilleures pratiques expérimentées en médecine d’urgence. Parce que les exercices permettent d’apprendre à travailler en collaboration, en interopérabilité avec les autres professionnels de la santé dans le but ultime de réduire la mortalité et la morbidité des patients traumatisés.

 

Comment penses-tu que la formation ITLS peut être utile dans la vie des personnes qui ne travaillent pas dans les domaines de la santé?

Les travailleurs forestiers, les guides touristiques, les gens de plein air, du loisir et du sport en retireront certainement une plus grande connaissance physiopathologique, ainsi que des compétences en soins d’urgence traumatique et finalement en prévention. De plus, ils comprendront mieux les principes enseignés en premiers soins. Ils pourront les appliquer plus aisément en cas de besoin!